Ph.D. · Paix, sécurité et Nations unies
Qui recueille l’information détermine ce qu’une mission voit. Cet axe, l’un de mes quatre axes de recherche, examine le genre à chaque étape de la sécurité internationale, du renseignement à la sécurité humaine : l’accès aux populations, la formation des analystes, l’évaluation des menaces qui pèsent sur les femmes et les filles. J’y travaille dans une perspective de genre attentive à l’intersectionnalité.
En 2000, la résolution 1325 du Conseil de sécurité a ouvert l’agenda Femmes, paix et sécurité (FPS, ou Women, Peace and Security). Elle demande la participation des femmes à la prévention des conflits, aux processus de paix, de la médiation aux négociations de paix, et à la consolidation de la paix.
Elle exige aussi le respect des droits des femmes dans les conflits armés et leur protection contre la violence sexuelle et fondée sur le genre, que la résolution 1820 a précisée en 2008.
Vingt-cinq ans plus tard, la mise en œuvre reste inégale. J’en ai débattu au CÉRIUM en 2025, pour l’anniversaire de la résolution. À mon sens, le programme sur les femmes, la paix et la sécurité progresse dans les normes et les engagements des États ; il avance moins vite dans les opérations de maintien de la paix, parmi les Casques bleus et dans les processus de décision du terrain. Les obstacles tiennent moins au mandat qu’aux pratiques.
Mon projet Engendering Intelligence, financé de 2019 à 2024 par le Conseil de recherches en sciences humaines, porte sur le rôle des femmes dans le renseignement de maintien de la paix. Il examine comment une analyse sexospécifique change la lecture des menaces qui pèsent sur les civils, de l’extrémisme violent aux violences sexuelles.
Les premières directives de l’ONU sur le genre et le renseignement, rédigées pour le Département des opérations de paix
Pour le Centre d’excellence Dallaire, Académie canadienne de la Défense
Institut international pour la paix
Une subvention de l’Initiative Elsie (2023 à 2025) a élargi ce travail aux opérations de paix. Il prolonge mes recherches sur le renseignement de maintien de la paix. L’intégration du genre y devient une question d’efficacité opérationnelle : une équipe d’analyse sans femmes n’entend qu’une partie des populations.
La participation pleine, égale et significative des femmes suppose aussi de former celles et ceux qui décident.
Formation par scénarios à Entebbe, pour des femmes appelées à diriger des missions de paix
27 femmes bâtisseuses de la paix, engagées dans la résolution des conflits de leur communauté, venues de six pays du Sahel dont le Mali, formées à Ouagadougou et à Bamako
Deux cours sur l’égalité des genres, la diversité et le leadership des femmes, pour 80 diplomates et fonctionnaires
Avec l’International Peace Institute, j’ai aussi évalué les formations au genre en paix et sécurité (2020). Côté canadien, j’ai coécrit l’analyse Is Canada’s Foreign Policy Really Feminist? sur la diplomatie féministe du Canada. En 2018, j’ai donné à l’école d’été du CÉRIUM le cours Genre et sécurité internationale, consacré aux questions de genre au Canada, à l’OTAN et à l’ONU. Le détail de ces cours se trouve dans mon enseignement et formation professionnelle.
Directive, formation, analyse des conflits, évaluation d’un programme sur l’égalité des sexes et l’inclusion, ou revue d’un dispositif de renseignement : écrivez-moi pour en parler.