Ph.D. · Paix, sécurité et Nations unies
Qu’est-ce qu’une mission de paix qui réussit ? Je pose cette question depuis ma thèse de doctorat en science politique à McGill, consacrée à la dissuasion et aux grandes puissances dans les opérations de paix. Professeure titulaire en relations internationales, je la retrouve dans mes quatre axes de recherche et dans la plupart de mes mandats auprès de l’Organisation des Nations Unies.
Une mission de maintien de la paix peut atteindre ses objectifs sans en être la cause. Elle peut aussi échouer en apparence et assurer malgré tout la protection des civils. Les évaluations classiques des opérations de paix confondent ces cas.
Mon livre Evaluating Peacekeeping Missions, paru chez Routledge en 2017, propose une typologie du succès et de l’échec des interventions internationales. Elle distingue trois résultats :
Ce que la mission a atteint, sans préjuger de sa part dans le résultat.
Ce qui revient réellement à la mission, et à elle seule.
Les résultats partiels que les évaluations classiques laissent de côté, analysés dès 2012 dans International Peacekeeping.
J’éprouve ces indicateurs sur des missions que j’ai étudiées sur le terrain, en Afrique francophone surtout : la MINUSMA au Mali, au cœur du Sahel, la MINUSCA en République centrafricaine, la MONUSCO en République démocratique du Congo. Face aux groupes armés et aux guerres civiles, la performance d’une mission dépend de ses capacités, mais aussi de la coopération des parties au conflit et de la société civile.
Les casques bleus ne travaillent pas dans le vide. Le Secrétaire général propose, le Conseil de sécurité fixe leur mandat en vertu de la Charte des Nations Unies, les États Membres fournissent les contingents. Et les grandes puissances pèsent sur chaque renouvellement du mandat.
Cambridge University Press
Avec Vincent Pouliot et Lou Pingeot · Georgetown University Press
Avec Stéfanie von Hlatky · International Journal
La place du Canada dans le maintien de la paix revient souvent dans ces publications. J’en ai tiré une tribune en 2025, « Les Casques bleus dans le rouge », dans La Presse.
Ce travail se fait en réseau. De 2018 à 2022, j’ai été directrice adjointe du Réseau de recherche sur les opérations de paix, rattaché au CÉRIUM de l’Université de Montréal, qui réunit des chercheurs et des experts francophones de la consolidation de la paix et de la résolution des conflits.
Une experte en opérations de paix doit savoir mesurer une mission réelle. Ces mandats en sont l’épreuve.
Cheffe d’équipe · UNITAMS Mandate Renewal Study (EPON, NUPI, 2022), préparée en vue du renouvellement de son mandat
Renforcer les capacités d’évaluation des missions onusiennes à partir d’enquêtes de perception
État des lieux des formations au maintien de la paix
45 analystes des JMAC, les centres d’analyse des missions ; à Entebbe, en Ouganda, des femmes appelées à diriger des missions de paix
Ces travaux nourrissent l’évaluation de mandats onusiens que je mène comme experte-conseil. Ils rejoignent aussi le renseignement de maintien de la paix. Une mission qui lit mal les menaces assure mal la protection des civils.
Un mandat à préparer, une évaluation, une formation en sécurité pour des forces armées ou des diplomates ? Écrivez-moi : je réponds en français ou en anglais.